L’exposition Settled propose d’utiliser les processus de sédimentation comme métaphore des modes de visibilité et d’invisibilité qui traversent notre époque. Les strates géologiques sont à la fois visibles et enfouies, présentes et millénaires, révélatrices d’une histoire mais aussi de ses lacunes. Les artistes réuni·es dans cette exposition exploitent cette tension entre ce qui s’accumule et ce qui disparaît, entre ce qui se montre et ce qui se cache. À ce titre, l’exposition s’ancre conceptuellement dans la notion d’ambivalence explorée par les recherches actuelles en photographie. Loin d’être réduite à une simple indécision, l’ambivalence y apparaît comme la juxtaposition de positions antagonistes, souvent inconciliables, qui parcourent différentes strates de notre perception. Cette tension caractérise fondamentalement notre rapport à l’image photographique : tandis qu’elle permet de dévoiler et d’archiver le réel, elle nous confronte simultanément aux frontières de cette même visibilité – à tout ce qui demeure hors-champ, inaccessible ou fuyant.
Ange-Frédéric Koffi est né à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire. Son travail explore les articulations complexes du mouvement, du voyage et de l’errance dans l’histoire et la pratique de la photographie. Il applique des réflexions postcoloniales contemporaines à travers diverses formes et dispositifs dans la sphère publique pour générer un impact social. Sa pratique croise librement des disciplines aussi diverses que l’histoire politique, l’histoire des expositions, l’anthropologie et le design. Diplômé de la Sorbonne, de la Haute École des Arts du Rhin (HEAR), de l’École Cantonale d’Art de Lausanne (ECAL) et de l’U
- Lieu : La Filature — 20 allée Nathan Katz
- Source : La Filature
Mis à jour le 5 juillet 2026 à 14h19